jeudi 4 avril 2013

ArcelorMittal: "risques" dans le projet industriel, les syndicats mobilisés ...


Le projet industriel d'ArcelorMittal pour la France comporte des "risques", relève un rapport d'experts présenté jeudi aux représentants des salariés qui entendent utiliser ces conclusions pour demander au gouvernement d'intervenir.

Après de précédents rapports déjà critiques de la fermeture programmée des hauts fourneaux mosellans de Florange, en veille depuis 2011, le rapport d'expertise Secafi apporte de nouveaux arguments aux syndicalistes farouchement opposés à l'arrêt de la filière liquide.

Secafi, mandaté par le comité central d'entreprise, liste les "risques" (sur la qualité, la quantité, les délais et l'adaptation de la production) du projet industriel pour la société Atlantique et Lorraine, dont font partie les sites de Florange (Moselle) et Basse-Indre (Loire-Atlantique).

Le cabinet souligne "les tensions en approvisionnement", notamment à Dunkerque, "la saturation des outils au risque de ne plus disposer d'aucune flexibilité sauf à redémarrer les installations à l'arrêt" et la crainte d'un manque de ressources humaines.

Dans ses conclusions, que s'est procurées l'AFP, Secafi parle de "contraintes industrielles qui individuellement sont surmontables mais combinées risquent fortement de conduire à un échec au regard des objectifs assignés ..."

"La stratégie du groupe va aboutir à un déficit de capacité et poursuivre sa spirale décroissante: la fermeture de la phase liquide de Florange est une mauvaise décision", dit encore le cabinet.

Le projet industriel d'ArcelorMittal avait en partie été dévoilé lors de l'accord conclu avec le gouvernement français, fin novembre. Le numéro un mondial de l'acier y confirmait la fermeture des hauts fourneaux de Florange, entraînant la disparition de 621 postes directs, mais s'engageait à investir 180 millions d'euros sur 5 ans sur le site. Sont également prévus des transferts d'activités entre Florange et Basse-Indre.

ArcelorMittal a dû prendre des mesures "pour protéger l'entreprise dans le contexte difficile que connaît l'Europe aujourd'hui" et "est engagé à assurer un avenir durable à ses activités en Europe", assure la direction.

Alors que les hauts fourneaux cristallisent les tensions à Florange, la direction assure que les installations "ne seront pas arrêtées et mises sous cocon avant la fin du processus d'information consultation, à l'exception de celles qui présentent un risque pour le personnel", soit après le CCE du 11 avril.

"Le gouvernement peut changer son fusil d'épaule"

Selon Secafi, ArcelorMittal table sur "un rebond potentiel de la demande en Europe de 20 millions de tonnes à l'horizon 2017", mais a "déjà réduit sa capacité de 7 millions de tonnes".

"Or en 2017, on ne sera plus capable de fournir ces quantités et la France va devenir importatrice. C'est scandaleux!", déplore Norbert Cima, élu FO au CCE.

La CGT dénonce elle "la spirale destructrice" du projet "qui ne tient pas la route", qui est "totalement invalidé par le rapport Secafi", selon Philippe Verbeke. Le délégué CGT a souhaité que l'Etat s'appuie sur ce rapport "pour revoir sa copie".

"Le gouvernement peut changer son fusil d'épaule et mettre cet accord pourri à la poubelle!", abonde M. Cima.

Une délégation CGT, CFDT, CFE-CGC, FO devait plaider auprès du ministère du Redressement productif à 17H00 un moratoire sur les restructurations, en attendant la présentation d'ici l'été, par Bruxelles, d'un plan d'action pour l'acier européen.

Elle demandera "l'élaboration d'un plan d'action européen" pour "une sidérurgie durable, innovante et créatrice d'emplois".

Ces revendications sont portées par les syndicats européens d'ArcelorMittal et la fédération européenne IndustriAll qui appelait jeudi à la mobilisation pour la sauvegarde des outils de production et des emplois.

Des motions ont été déposées dans les sous-préfectures de Thionville (Moselle) et Dunkerque (Nord) pour "attirer l'attention des pouvoirs publics", "faire pression sur Mittal pour qu'on ait des embauches et renouer le dialogue social", selon Philippe Collet (CGT). A Istres (Bouches-du-Rhône), les syndicats ont exprimé leurs "inquiétudes pour l'avenir", selon Michel Tosi (CFDT).

A Florange, une trentaine de salariés a bloqué dans la matinée l'accès aux bureaux, en guise d'"avertissement" avant l'ouverture de négociations sociales prévue mi-avril, rapporte Frédéric Weber (FO), selon lequel les syndicats n'accepteront "aucun licenciement, aucune mobilité forcée".

afp (actualisé à 16h23)

2 commentaires:

allirol dominique a dit…

13E TMTOneS

allirol dominique a dit…

Bonsoir Freres
Je suis CGT mais vous etes dans la lutte dans votre branche et je soutiens totalement votre combat qui se poursuit malgre la trahison du gouvernement pseudosocialiste qui a trahi sa propre ideologie historique qui est quoi qu'on en pense collectiviste (et oui c'est de l'Histoire incontestable!!! le Socialiste est un Collectiviste reformiste et le Communiste un Collectiviste Revolutionnaire!!!)
Ceci dit prenez le mittal ou ça fait mal il doit y avoir un sacre tonnage de cuivre,d'acier et de metaux divers sur place prenez donc soit l'outil de travail ou au pire dedommagez-vous sur la depouille que cet individu chez qui je ne peux me resoudre a identifier toutes les qualites humaines ferme a votre mepris!!!